Chronique Suis-je le gardien de mon frère ? Skyrock.fm

Chronique Suis-je le gardien de mon frère ? Skyrock.fm
Bienvenue au pays du Zahef. Celui qui rend les stylos molotov revient avec Suis-je le gardien de mon frère ? Une galette de 17 titres qui fait le tour de la question.

Se
fyu artiste tourmenté ? Non, tout simplement engagé. Si on a tendance à évaluer un artiste quand il a sorti deux albums, il est clair que Sefyu ne déçoit pas.

Déjà, son
flow est travaillé, et on kiffe de plus en plus ses variations. D'autres exemples ?

Moloto
v 4 ? Une tuerie. Le journal ? Un concept innovant, qui pour le coup, mériterait de se réaliser. Qui n'a pas imaginé Sefyu à la tête d'un journal (généraliste) en écoutant ce titre ? Pour ceux qui ont la nostalgie de Qui-suis-je ? Il reprend avec Baba et RR la suite de Faits divers, qui devient Faits divers 2. Et Sana, du G8, pose pour Vis ma vie, dans lequel les artistes confrontent la vie de la bourgeoisie au ghetto. Sefyu a fait revenir JoeyStarr sur son album et ça donne Seine-Saint-Denis Style nouvelle série, bon titre mais un peu décevant. Sefyu met le doigt sur ce qui est important et arrive à tirer de justes conclusions comme tu peux écouter sur 3ème Guerre.

On reconnait toujours le côté touchant de l'homme qui parle avec justesse de l'innocence volée des enfants sur Sac de bonbons. Il en est de même pour sa justesse sur Plus, les lyrics parlent d'elles-mêmes "Plus, toujours plus, on veut croquer... "

Pour c
eux qui préfèrent les sons lourds, il y a toujours Attitude feat. Suzax, Baba et Kuamen.

Enfin, on ne va pas tout dire, car le mieux, c'est que t'écoutes. Et puis C pas parce que "son" public télécharge qu'il ne faut pas acheter Suis-je le gardien de mon frère ? Au top la famille !

# Posté le dimanche 25 mai 2008 20:30

Interview Hitmusemag

Interview Hitmusemag
Grosse voix pour gros style, depuis Booba le rap français n'avait pas affronté une telle tempête, car avec son second album « Suis-je le gardien de mon frère ? », le parisien Sefyu met toute sa pugnacité au service de ses mots qui frappent de taille et d'estoc pour un effet choc maximal sur les neurones. Décryptage par Olivier Cachin.



On avait eu un premier avertissement avec l'album Qui suis-je ?, dont le titre en forme d'interrogation cachait quelques pépites comme l'historique « La vie qui va avec », chanson qui a marqué les esprits avec ses formules-choc (« Si t'as ken' dans une tournante, y'a viol qui va avec/Dans le Sud quand t'entends Paris, 9.3 ça va avec/Regarde Sénegal-France y'a 1-0 qui va avec/Quand t'entends Biggie, Tupac y va avec », etc.).



Désormais, c'est le tome deux qui débarque : Sefyu lâche une bombe à fragmentations qui continue à poser des questions, « Suis-je le gardien de mon frère ? », suite brillante de son premier opus promis à un énorme succès dans l'underground, et plus si affinités avec le grand public. Soyez prévenus : on n'est pas dans le flow docile mais au c½ur du rap français authentique, d'une grande crudité mais truffé de phases surprenantes et de textes introspectifs. Rencontré dans son tout nouveau studio au PSaint-Gervais, Sefyu s'avère d'un abord facile, et cache sous sa visière quelques propos bien sentis. Invitation de JoeyStarr sur « Seine Saint-Denis Style nouvelle série », racisme entre les différentes communautés y compris celles issues de l'immigration, technique d'écriture, double métier de rapper et d'éducateur : Sefyu dit tout, ou presque, à Hitmuse.






Le thème de l'immigration est très présent sur ton disque, dès l'intro...

S : M
oi j'estime qu'aujourd'hui, d'un point de vue des minorités, il y a toute une génération issue des anes 60, dont mon père a fait partie, qui a été ghettoïsée. Les tirailleurs sénégalais, les harkis et ainsi de suite, jusqu'au début des années 80 avec la décision politique d'installer tous ces immigrés dans ces HLMs. Je dis que de mettre ensemble au bout de tant d'années des personnes qui n'ont pas été habituées à vivre ensemble, ça crée forcément des tensions et des formes de racisme parce que quand on ne connaît pas l'autre, on a tendance à le rejeter. J'essaie en même temps de comprendre pourquoi nos parents, au bout de 20 ans, ne savent toujours pas bien parler fraais. On est dans une société encore pleine de clichés, les responsables parlent toujours de quotas, de discrimination positive, mais moi en tant que personne de couleur de nationalité française, je suis né sur le territoire, j'ai grandi ici, mes droits sont ici, je ne vois pas pourquoi je serais amené à revendiquer mes droits ailleurs. Me mettre dans un quota ou dire que je suis dans la discrimination positive, je ne l'accepte pas. Je dénonce tous ces catalogues dans lesquels on essaie de nous mettre.


« Molotov 4 » est une chanson d'une rare efficacité...

S : J'ai
conçu les paroles et le style ce morceau-par instinct, par intuition. J'ai écouté l'instru produit par Purple Haze, des Lyonnais que j'ai rencontré sur Paris, je voulais jouer avec le gimmick, les « hey » qui viennent à chaque mesure. J'ai suivi la musique. Parfois, il y a des choses qu'on n'arrive pas à expliquer parce que la musique, c'est un ressenti et on ne peut pas tout expliquer. Je voulais faire un morceau innovateur et original, je pense que le résultat est plutôt réussi. C'est le premier clip qu'on a tourné.


La nouvelle génération des rappers français ne connaît pas son histoire...

S : Je pense que cette amnésie ne doit pas perdurer, il faut faire en sorte que les jeunes puissent se rappeler qu'avant, on ne parlait pas de rap de tess' ou de rap de rue mais de hip hop. La rencontre entre la danse, le rap, le break, le graf, c'était toute une famille d'artistes qui essayait d'½uvrer dans le même sens et de représenter la voix du peuple. Les premiers qui ont revendiqué le 93, c'est les NTM. Moi je me considère comme la continuité de ces artistes-là, de ces danseurs, graffers et rappers qui ont ½uvré. Joey Starr est un précurseur du rap français, il a vraiment ½uvré pour que cette musique soit à ce niveau-là, c'était important pour moi qu'il soit sur l'album et sur le morceau « Seine Saint-Denis style nouvelle série », qui évoque une certaine nostalgie et qui symbolise toute une génération. J'ai voulu en faire la rencontre entre l'ancienne et la nouvelle génération du 93 et du hip hop français.


Ta musique peut paraître hermétique pour le grand public.

Je suis un
peu d'accord parce que j'amène un style original, différent. Je ne fais pas de la musique pour que les gens puissent tout de suite adhérer et rentrer dans mes lyrics en disant que c'est déjà entendu et que c'est facile d'accès. Moi je suis plus du côté de celui qui veut imposer son style et son univers plutôt que de chercher la facilité. J'ai opté pour un combat, et non des moindres, celui d'amener ses propos, son concept et son univers. Je suis éducateur, rapper, citoyen français, artiste. J'ai été animateur parce que j'ai toujours aimé être proche des gens, de ceux qui n'ont rien, qui sont en galère. C'est plus qu'un métier, c'est naturel pour moi.


Faire du rap cru empêche-t-il une diffusion médiatique ?

Aujou
rd'hui il y a unel problème entre la programmation télé et ce que les gens veulent écouter. Il y a un manque de représentativité et les médias n'assument pas que le rap fait partie du patrimoine culturel français, d'une nouvelle vague musicale. Il doit être considéré au même titre que Jacques Brel ou Brassens à une certain époque. Le rap est une poésie moderne, et beaucoup de programmateurs ont du mal à l'accepter. »



© Olivier Cachin pour www.Hitmusemag.com – 19 mai 2008


# Posté le dimanche 25 mai 2008 20:21

SEFYU NUMBER ONE !

SEFYU NUMBER ONE !
Sefyu est 1er au top album pour la sortie de son album.

16 000 CD ont été vendus en une semaine.

# Posté le jeudi 22 mai 2008 08:52